Le fil · Reviews

Burger King x Jamel Debbouze : une pastille qui fait marrer, mais qui s'arrête trop tôt

Le gag : « ça se tient à une main »

Le format, c'est une seule vidéo dans laquelle Jamel Debbouze fait la promo du wrap, son pitch. Et au moment où il prononce un des arguments produit, « ça peut se tenir à une main », il prend conscience qu'on se moque de son handicap. Il réagit face caméra, un peu vénère, et derrière on a une séquence qui marche très bien.

Une pub vraiment pensée social

Ce que je trouve cool, c'est que c'est une pub vraiment pensée social média. L'idée est forte, il y a un look visuel, on voit les assistants qui sortent du champ, on sent que c'est "une prise assez brute". En tout cas on essaie de donner cette illusion. C'est un format, une pastille faite pour faire rire et faire réagir, assez brute, proche de ce qui marche bien en contenu.

Mon regret : un contenu jetable

Le petit manque, si on voulait aller plus loin en social : ok, c'est drôle, mais on a fait un contenu jetable. J'aurais bien aimé qu'on documente l'avant, l'après, qu'on aille un peu sur le terrain de jeu de Jamel.

Ce que j'aurais fait en social : tirer le fil

En social média, on aurait pu créer une petite guerre : un Jamel qui commente en mode pas content, un storytime sur ses réseaux, et tirer le fil derrière. Je pense que ça aurait fait encore plus parler, et surtout que ça aurait permis de maintenir de la visibilité sur toute la durée de l'opération commerciale. Le dommage avec ce genre de contenu, c'est que ça fait parler à l'instant T, puis c'est la campagne print et télé qui prend le relais, mais en social on a du mal à entretenir le sujet de conversation.

Ils auraient aussi pu bosser avec d'autres créateurs en situation de handicap, je pense à Roro le Costaud par exemple. De l'UGC avec ces créateurs, ça aurait été assez fun et avec beaucoup de second degré.

Le hic : le produit a volé la vedette

Donc pour moi c'est un bon contenu publicitaire, pensé pour la télé avec les codes du social. Mais en social ils auraient pu aller tellement plus loin et nous faire marrer, du coup je suis un peu déçu. Dernier point : le contenu a eu beaucoup de visibilité, mais le produit n'était pas terrible, pas assez garni, assez petit. Très vite, les commentaires ont parlé de la qualité du produit, et beaucoup moins du côté drôle.

Le verdict en deux colonnes

Ce qui marche

  • Idée forte et bon gag : le « ça se tient à une main » détourné en clin d'œil au handicap de Jamel, avec du second degré.
  • Format pensé social : prise brute, assistants dans le champ, codes du contenu natif plutôt que de la pub léchée.
  • Pastille efficace, faite pour faire rire et faire réagir.

Ce qui coince

  • Contenu jetable : pas d'avant/après, pas de prolongement, la vitalité retombe vite et le relais print/télé ne nourrit pas le social.
  • Fil narratif sous-exploité : un faux clash, un storytime de Jamel ou de l'UGC avec des créateurs en situation de handicap auraient entretenu la conversation.
  • Le produit a volé la vedette : pas assez garni, trop petit, les commentaires ont vite glissé sur la qualité plutôt que sur l'humour.